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21 juillet 2018

21 juillet 2018

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Discours prononcé à l’occasion du 21 juillet 2018.

Monsieur le Gouverneur,

Monsieur le Commandant militaire de la Province,

Mesdames et Messieurs, chacun en vos titres et qualités,

Chers Concitoyens,

 

C’est avec beaucoup de plaisir que j’assume cette année encore le privilège de vous accueillir dans notre Hôtel de Ville, dans le cadre de la Fête nationale qui célèbre cette année le 187ème anniversaire de la prestation de serment du Roi Léopold Ier.

Je vous prie de bien vouloir excuser l’absence du Bourgmestre en titre, notre Premier Ministre Charles Michel, retenu à Bruxelles comme vous vous en doutez.

Si le 21 juillet constitue symboliquement le jour durant lequel nous rendons hommage à notre Royaume et à nos couleurs, il me paraît plus que jamais essentiel que cette célébration soit pour nous tous l’occasion de réaffirmer haut et fort notre attachement à notre pays.

Je suis et je reste profondément optimiste. J’en veux pour preuve la ferveur populaire qui a entouré nos Diables rouges au Mondial de football organisé en Russie et qui vient de se clôturer.

Notre équipe nationale, en réalisant un parcours exceptionnel, a en effet fait vibrer tout un pays, et pas uniquement les passionnés de football… car, devenu aujourd’hui bien plus qu’un sport, le football a précisément cette capacité de fédérer les foules bien au-delà du cercle de ses pratiquants.

Lorsque l’équipe nationale joue, c’est derrière elle l’union sacrée venant transcender les clivages politiques, sociaux, religieux, ethniques ou de genre.

Comme l’a écrit l’historien britannique Eric HOBSBAWM, ce qui a fait du sport un moyen unique d’inculquer le sentiment national, c’est la facilité avec laquelle les individus, même les moins politisés, peuvent s’identifier à la nation.

Car le sport a un potentiel extraordinaire et le football plus particulièrement, est un fait de société indéniable.

Faut-il rappeler qu’après la Première Guerre mondiale, les compétitions sportives ont été de plus en plus associées par les Etats à des enjeux de prestige et ont nourri des systèmes politiques plus ou moins forts ?

L’impact du football dans notre société atteint son paroxysme avec son extension à l’ensemble de la planète et via la création de compétitions internationales dans cette discipline (telles que les Jeux Olympiques à partir de 1900 et surtout la Coupe du Monde datant de 1930).

L’expression des identités nationales s’en trouve considérablement renforcée. Les sentiments de fierté sportive qui fortifient la cohésion d’un pays ont en effet besoin d’un théâtre international puisque l’identité se définit par rapport à l’autre…

Certes, les images qui resteront de cette Coupe du Monde historique pour le sport belge seront celles de stratégies, de passes et de goals mémorables, mais aussi celles de ces gens de tous âges et de tous profils, peinturlurés aux couleurs nationales, se rassemblant en masse devant les écrans partout dans le pays à chaque match des Diables, pour vibrer ensemble dans une ambiance festive et conviviale.

Et puis, surtout, ces images témoigneront, dans le chef de nos Diables, d’un état d’esprit qui nous fait honneur : des talents individuels mis au service du collectif, de l’enthousiasme, de la correction, du panache et de la sympathie…

Cette équipe soudée qui a fait notre fierté, nous a redonné l’espoir et réchauffé nos cœurs qui en ont bien besoin en affichant une remarquable union entre Flamands, Wallons, Bruxellois, Belges issus de l’immigration.

Car ne l’oublions pas : cette équipe des Diables Rouges, riche de sa diversité et de son métissage, est extrêmement représentative de tout ce qui peut ressembler à de l’intégration.

Et nous ne pouvons que nous réjouir de la ferveur exprimée les soirs de match par ces milliers de « nouveaux Belges » originaires d’Afrique du nord, d’Afrique noire ou d’Asie. Et que dire de cette foule immense et bon-enfant parée de noir-jaune-rouge et massée à Bruxelles pour accueillir les joueurs en véritables héros et pour leur exprimer sa joie ?

La Coupe du Monde 2018 a donné une bien belle image de la Belgique à l’étranger, mais d’abord une bien belle image de la Belgique aux Belges eux-mêmes.  Il faudra nous en souvenir à l’avenir…

Faisons donc fi de nos complexes ! Profitons de cette trêve sportive estivale pour revendiquer haut et fort, face aux esprits chagrins et aux discours d’exclusion, notre fierté et notre identité. Une identité non poussiéreuse et figée mais au contraire dynamique, capable de nourrir notre présent et de mettre en œuvre un avenir commun. Une identité certes fondée sur des références semblables, sur des épreuves vécues en commun et sur des valeurs acquises parfois durement et non négociables, mais aussi une identité témoignant de notre volonté d’affronter ensemble les défis qui s’imposent à nous, un désir de vivre ensemble, une envie d’un projet solidaire pour demain, bref, comme disait le français Ernest Renan « un plébiscite de tous les jours »…

C’est bien le message que j’ai eu à cœur de tenir il y a quelques semaines lors de la cérémonie d’accueil des Wavriens devenus citoyens belges depuis 2013, soit depuis le début de cette mandature qui s’achève.

En cette année de commémoration de la fin de la grande guerre, qui donnera lieu en novembre prochain à un programme particulièrement dense, je voudrais très sincèrement remercier les représentants des associations patriotiques de notre Ville, et notamment le président de l’Association des Groupements Patriotiques, Marcel Ongena, non seulement pour leur présence mais surtout pour le travail réalisé pour conscientiser la jeune génération afin qu’elle n’oublie jamais les atrocités des guerres, les dangers des partis extrémistes, les pièges du populisme et les blessures du racisme.

Ce 21 juillet nous permet de saluer le souvenir de nos héros. De nous rappeler ce que nous leur devons pour être aujourd’hui des hommes et des femmes libres.

Je m’en voudrais, en ce jour de fête de la liberté, d’oublier celles et ceux qui luttent et souffrent aujourd’hui encore aux quatre coins du monde pour atteindre cet idéal. Et à ce sujet, je ne peux manquer de rappeler que cette année 2018 est également l’année du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Aussi, avec les outils de notre démocratie, revendiquons notre identité et exprimons notre fierté et notre volonté d’unité…

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente Fête nationale.

L’Union fait la Force.

Vive la Belgique !

Vive le Roi !

Françoise Pigeolet

 

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