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11 novembre 2018

Discours prononcé à l'occasion du centenaire de la fin de la guerre 14-18.

11 novembre 2018

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Ils furent 65 soldats et civils de Wavre, Limal et Bierges…

Des anonymes et d’autres dont les noms nous sont plus familiers comme Arthur Hardy, Joseph Joppart, Adelin Colon, tous, selon l’expression, « morts pour la patrie » entre 1914 et 1918, au fil de cette guerre inutile et destructrice, qui mutila et traumatisa hommes, femmes, enfants, animaux aussi.

Champs de bataille, champs de ruines, champs de croix : cent ans plus tard, sont encore visibles les stigmates de l’acharnement des combats et de la folie des hommes.

Le 11 novembre 1918, à 11h, dans les villes, les villages, les tranchées, l’armistice est accueilli avec ferveur et soulagement par des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d’une guerre meurtrière qui toucha de plein fouet plus de 40 millions de personnes (civils et militaires) soit 20 millions de morts et environ 21 millions de blessés selon le bilan du Centre européen Robert Schuman.

C’est le même soulagement en face, dans le camp allemand. Le monde n’est plus en guerre, mais, sans le savoir, la guerre d’après se prépare déjà…

La Brabançonne qui retentira à plusieurs reprises demain pour célébrer cette date symbolique marquant la fin du cauchemar, ne me fait pas oublier d’autres chants, notamment celui de Craonne, chant de ces soldats qui, en 1917, fatigués par l’horreur des assauts et ébranlés face à l’insoutenable, ont un jour rangé leurs baïonnettes…  Certains d’entre eux furent fusillés…

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de juger mais bien de se souvenir de ce carnage humain en essayant de comprendre.

Ce centenaire doit être un moment de fraternité entre les peuples, et une source de mémoire inspirante pour les générations futures.

Prenons garde à ne pas tomber dans une forme d’indifférence qui anéantirait cet idéal européen parfois si fragile. N’oublions pas que c’est du passé que naît l’espoir et que nous ne sommes jamais aussi forts que lorsque nous nous rassemblons.

Le choix de planter aujourd’hui un Arbre de Paix dans le cadre de la commémoration de l’armistice de la Grande Guerre est loin d’être anodin …

Cet arbre, emblématique d’une universalité, représente par sa croissance tranquille une aspiration à l’avenir. C’est un superbe symbole de la liberté qui prend ses racines dans le cœur des peuples tandis que l’arbre prend ses racines dans le cœur de la terre.

Il nous rappelle qu’il n’y a qu’un combat qui vaille la peine d’être mené, c’est celui de la Paix ! Et que la Paix, ce ne sont pas de beaux discours. C’est avant tout un engagement concret.

Dans un Etat comme le nôtre, l’engagement doit d’abord être citoyen, parce que la paix, cela commence avec son voisin, dans sa commune.

Nous souhaitons donner un signal fort et sans ambiguïté aux Wavriens quant à notre détermination de défendre nos valeurs démocratiques et nos acquis si chèrement payés. La résistance aux idées extrémistes est l’affaire de tous, jour après jour, et en tant qu’autorité publique, nous avons un rôle pédagogique à jouer en la matière surtout vis-à-vis des jeunes générations.

Nous sommes ici une très grande majorité à n’avoir pas connu la guerre et important est le risque de banalisation.

Depuis 73 ans en effet sans finalement en mesurer l’importance et sans bien nous en rendre compte, nous vivons dans un pays en paix et bénéficions des bienfaits de la liberté. Pourtant, rien n’est jamais acquis et la vigilance s’impose…

Aujourd’hui, dans ce château de l’Ermitage qui abrita durant la guerre 14-18 le QG allemand, nous voici donc rassemblés pour ce devoir de mémoire et cette vigilance citoyenne.

Dans un instant, vous pourrez découvrir l’exposition préparée par le Cercle d’Histoire, d’Archéologie et de Généalogie de Wavre et du Brabant wallon. Je laisserai à Joseph Tordoir qui en est le président le soin de vous la présenter ainsi que les membres du CHAW qui en sont à l’origine et qui ont effectué le travail de recherche, la scénographie et l’installation. Je les en remercie tous très chaleureusement.

Le vernissage de l’exposition sera suivi par les représentations d’un spectacle théâtral historique que nous avons voulu associer aux manifestations commémoratives dans le souci permanent d’information, de conscientisation et de sensibilisation du public.

Ce spectacle itinérant intitulé « 14-18, et après ? » est une création de la Compagnie liégeoise Sandra Proes que nous avons déjà eu le plaisir d’accueillir à Wavre, notamment dans le cadre de l’exposition des Territoires de la Mémoire, et qui pose la question essentielle, plus que jamais cruciale à la période que nous vivons, à savoir « Quand va-t-on enfin apprendre de notre passé ? ».

Il nous replongera à la sortie de la grande guerre qui modifia à jamais notre société et, via une intimité entre artistes et spectateurs, nous emmènera dans un autre espace-temps destiné à nous émouvoir et à nous faire prendre conscience du caractère totalement contemporain du propos.

Je remercie d’ors et déjà les comédiens pour les émotions qu’ils contribueront à nous faire ressentir…

Je m’en voudrais de ne pas remercier également pour leur travail Ingrid Jérôme et Thierry Heymans qui ont assuré au sein de notre administration communale la mise en œuvre de ces commémorations, sans oublier bien sûr Monsieur Marcel Ongena, Président de l’Association des Groupements patriotiques, pour son investissement sans faille et son dévouement incessant en faveur du devoir de mémoire.

Merci à vous tous pour votre présence.

Je vous donne rendez-vous demain pour les cérémonies de la journée de l’Armistice, du Flambeau et du Souvenir.

Poursuivons notre lutte contre l’oubli, pour que le respect et le devoir de mémoire nous habitent, pour que nous gardions notre esprit critique, pour que soient sauvegardées nos libertés démocratiques…

Merci à tous.

Françoise Pigeolet

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