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21 juillet – Fête nationale

Discours prononcé à l'occasion de la fête nationale

21 juillet – Fête nationale

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Mesdames et Messieurs, chacun en vos titres et qualités,

Chers Concitoyens, Chères Concitoyennes,

C’est avec beaucoup de plaisir et de fierté qu’il me revient l’honneur de vous accueillir aujourd’hui traditionnellement dans notre Hôtel de Ville, dans le cadre de notre Fête nationale.

Plus que jamais, il me paraît en effet essentiel que cette célébration soit pour nous tous l’occasion de réaffirmer haut et fort notre confiance en l’unité de notre pays.

Si le 21 juillet constitue symboliquement le jour durant lequel nous rendons hommage à notre Royaume et à nos couleurs, il importe qu’il s’accompagne également d’une réflexion citoyenne.

Le triple scrutin du 26 mai dernier, pour le moins « décoiffant », eut finalement cet avantage de nous prouver la bonne santé de notre démocratie belge.

Ce signal assourdissant des électeurs (certes déplaisant mais nullement contesté contrairement à ce qui existe dans d’autres contrées…) nous a remis à l’esprit le principe fondamental d’une démocratie, les risques qu’elle encourt, et, in fine, ce à quoi elle est contrainte pour subsister.

Les électeurs ne marchent pas tous au même pas et il incombe à notre système politique d’entendre les voix discordantes et de les prendre en compte.

En plébiscitant massivement des ennemis des valeurs démocratiques que nous portons (qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche), bon nombre de nos concitoyens ont envoyé au monde politique un message clair, je dirais plutôt, un électrochoc que j’espère salutaire…

Nous devons en être conscients : les votes pour les extrêmes ne sont pas de simples votes de protestation ou l’attrait de l’interdit, notamment dans le chef de jeunes qui auraient voté pour un Vlaams Belang victimisé par le cordon sanitaire :

  • Le vote pour le Vlaams Belang exprime une réelle crainte identitaire
  • Le vote pour le PTB exprime lui une véritable détresse sociale.

Il est vital pour notre démocratie d’entendre ces signaux, ces demandes de protection et de sécurité accrue que ce soit sur le plan socio-économique et face à l’immigration.

Le résultat du scrutin du 26 mai  constitue, tant en Flandre qu’en Wallonie, tant à gauche qu’à droite, l’expression populiste de la perception d’une opposition entre « le peuple » et ceux considérés comme « les élites », à savoir (pour le PTB) les riches ou (pour le Vlaams Belang) les gens jugés trop protégés par les élites comme les immigrés.

Il revient donc désormais à nos partis démocratiques de prendre les mesures qui s’imposent pour répondre à l’appel de ces citoyens désabusés et, par là, de contenir les potentiels futurs choix électoraux extrêmes.

Cette attitude seule, cette prise de conscience de leur responsabilité collective, permettra de redresser la barre. L’urgence s’impose sous peine de creuser plus dangereusement encore le fossé.

S’il est sain que les citoyens puissent s’exprimer via les urnes, l’arrivée des populistes au pouvoir constituerait, par contre, une réelle catastrophe…

Les gens, et surtout les jeunes, ont oublié l’histoire…

L’impact médiatique énorme des réseaux sociaux et des sites Internet, truffés de fake news, a été fortement et dangereusement exploité par les partis extrémistes. L’esprit critique est mis à mal. Des études sociologiques ont ainsi montré que les nouvelles avec une dimension émotionnelle étaient beaucoup plus lues que l’information fondée sur « la vérité ». L’émergence de ce 5ème pouvoir s’avère ainsi particulièrement inquiétante.

La peur des migrants s’est en outre installée chez bon nombre de Belges, oublieux que de tous temps, les migrations ont existé, permettant aux hommes de chercher de nouvelles opportunités de vie ou de fuir des situations violentes. Faut-il rappeler le pur fantasme que représente, au regard des occupations historiques successives de nos contrées, la pseudo-identité « Blanc-bleu-belge » ? Il faut en être conscient face aux discours simplistes…

La question de l’immigration est le point commun de tous les mouvements d’extrême-droite en Europe.

Il y a ainsi chez l’homme une extraordinaire capacité d’oubli…

Le Démocrate met un point d’honneur à respecter des acquis essentiels à préserver : l’assemblée parlementaire, la séparation des pouvoirs, une justice indépendante, des élections libres et la préservation d’un ensemble de législations protectrices des Droits de l’Homme.

Force est de constater que l’Union européenne se situe indiscutablement à l’avant-garde de ces domaines dans le monde. Il n’en reste pas moins qu’elle se trouve elle aussi, confrontée à son échelle à la montée globale des extrémismes lesquels se positionnent contre les mesures de libération de l’individu, engendrant de facto un recul des progrès éthiques.

Aussi, c’est avec la plus grande fierté et la plus grande confiance, que je vois notre ancien Bourgmestre Charles Michel élu à la présidence du Conseil européen. Je sais qu’il aura à cœur de porter haut ses valeurs humanistes et démocratiques dans l’exercice de ce mandat prestigieux.

Certes, le scrutin du 26 mai a ouvert une page difficile pour la Belgique qui se découvre déchirée.

Notre pays se trouve donc confronté à une situation pour le moins complexe et à une obligation de faire face à la fois à :

  • L’urgence environnementale
  • L’urgence sociale et économique
  • L’urgence démocratique.

Autant de défis cruciaux à relever sous peine de perdre pied.

La politique au sens noble du terme, telle qu’elle doit être conçue dans nos démocraties, implique avant tout le sens de l’intérêt commun.

Elle n’est pas une succession de déclarations tonitruantes, creuses, remplies de clichés et de haines, de mensonges et de caricatures.

Elle implique le respect, le dialogue et le sens du compromis.

Optimiste, je crois en l’unité de la Belgique composée non de 2 démocraties comme certains le laissent entendre mais bien de 4 : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et la Communauté germanophone.

Je crois en notre avenir commun possible, fruit d’accords politiques émanant d’hommes et de femmes responsables et constructifs.

Aujourd’hui, plus que jamais, face aux menaces mais aussi face aux défis auxquels est confronté notre pays, je vous invite à nous recentrer sur nos valeurs communes, à garder confiance et à trouver en toutes circonstances des solutions économiques, sociales et humaines qui rassemblent et non des solutions qui divisent…

Ne jamais baisser la garde…

L’Union fait la Force.

Que vive la Belgique.

Que vive le Roi.

Françoise Pigeolet

Bourgmestre de Wavre

 

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