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Inauguration de la nouvelle bibliothèque Maurice Carême

Discours prononcé ce vendredi 21 février 2020

Inauguration de la nouvelle bibliothèque Maurice Carême

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Mesdames, Messieurs,

Chers amis de la lecture publique,

C’est avec une grande fierté, vous le comprendrez aisément, que je prends la parole aujourd’hui pour vous accueillir à cette inauguration tant attendue de notre nouvelle bibliothèque communale…

Un superbe écrin annexé au magnifique outil culturel, économique et événementiel qu’est notre Sucrerie. Et je dois vous avouer que je me félicite, en toute humilité, d’avoir, à l’époque, en tant qu’Echevine de la Culture, insisté pour que cette intégration stratégique soit prise en compte dans la conception du bâtiment. Je tiens d’ailleurs à remercier pour cette réalisation particulièrement qualitative les bureaux d’architecture ADE et Montois Partners, la société Strabag-Moury ainsi que Madame Thiry de Belfius qui nous a accompagnés tout au long de ce dossier.

Je vous invite à jeter un oeil dans le rétroviseur… et vous constaterez que l’histoire de notre bibliothèque communale fut loin d’être un long fleuve tranquille…

Elle naquit en 1885 dans la demeure de Monsieur DEVREUX, alors Président de l’extension de l’ULB, sous la forme… d’UNE armoire à livres…

Ces livres furent, au fil du temps, stockés dans divers endroits et notamment dans la caserne située dans la rue de Nivelles, avant d’être, durant la seconde guerre mondiale, misérablement entreposés, par terre et sous clé, dans une mansarde de la rue Lambert Fortune. L’Hôtel de Ville avait en effet été détruit par le bombardement de 1940 et l’administration qui avait dès lors cruellement besoin de locaux investit la caserne.

C’est après la Libération que des Amis de l’Extension de l’ULB décident de remettre sur pied la bibliothèque puis de céder le fonds à la Ville. La bibliothèque s’installe alors dans la salle de gymnastique de l’ancien Athénée qui avait été repris par la Ville et qui se situait à l’emplacement de l’actuelle Galerie des Carmes.

C’est de cette époque que date la réelle professionnalisation de la structure, même si les conditions d’exploitation de ce bel outil culturel relevaient alors, il faut bien le dire, d’un véritable parcours du combattant ! Pour l’anecdote, sachez qu’il n’y avait pas de budget pour le chauffage et que les pauvres bibliothécaires devaient se débrouiller pour alimenter le vieux poêle à bois…

C’était cependant sans compter sur la volonté et la détermination de personnes que je veux mettre à l’honneur et remercier au nom de la Ville pour le rôle capital qu’ils ont joué à ce moment crucial du développement de notre bibliothèque : Monsieur et Madame Albert Loicq ainsi que leur fils Guy, lequel y a œuvré pendant plus de 65 ans sans relâche, Monsieur Joseph Poche ainsi que Monsieur Jean Noël que je salue et qui, pour l’anecdote, une fois échevin, veilla à ce qu’un budget fut enfin dégagé pour le chauffage… Sans oublier les bénévoles de la première heure dont certains sont présents ce soir.

Mais l’histoire de notre bibliothèque ne s’arrête pas là ! d’autres déménagements successifs viendront s’ajouter avant qu’elle ne se pose, in fine, en 1979, dans la Galerie des Carmes où elle restera durant 40 ans… C’est à ce moment qu’elle se dota du nom de Maurice Carême, l’enfant du pays qui nourrissait pour sa ville natale un réel sentiment amoureux, comme peut en attester Madame Jeannine Burny, Présidente de la Fondation dédiée au poète, et que je remercie chaleureusement pour la belle collaboration que nous développons depuis de nombreuses années.

Il faudra donc finalement compter 9 déménagements successifs pour qu’enfin notre Bibliothèque puisse trouver sa place dans ce superbe lieu qu’est la Sucrerie.

58.000 livres qu’il fallut transporter vers ces locaux plus spacieux, plus modernes, plus lumineux, moins énergivores, qui donneront une nouvelle dimension et un nouveau souffle à des activités d’ores et déjà nombreuses et qualitatives.

Il m’importe donc de remercier toute l’équipe qui a su, sous l’égide de Catherine Pirart, responsable des bibliothèques communales, organiser de manière ordonnée et réfléchie ce déménagement. 

Sans oublier bien évidemment tous les précieux bénévoles qui les accompagnent depuis de nombreuses années.

Grâce à eux tous, le défi a été relevé…

Je voudrais également remercier chaleureusement pour son appui la Fédération Wallonie Bruxelles et j’en profite pour saluer la présence parmi nous de Monsieur Mathieu LALOT, représentant de Madame la Ministre Bénédicte LINARD, de Monsieur Simon LEUNIS, Inspecteur au Service Général de l’Inspection de la Culture, de Madame Diane Sophie COUTEAU, Directrice du Service de la Lecture publique, ainsi que de Madame Silvana MEI, Directrice de la Bibliothèque centrale du Brabant wallon.

L’espace qui nous réunit aujourd’hui a pour but de nous inviter à un moment de détente mais aussi de permettre qu’on s’y cultive au travers d’outils d’apprentissage et d’ouverture sur le monde. Car si le livre reste encore cet outil formidable, nous assistons cependant à une diversification des supports de lecture. Les prochains orateurs ne manqueront pas de revenir sur ce point…

Notre bibliothèque est un projet ambitieux et généreux, tourné vers la diversité des publics et le dialogue des cultures. Elle a une portée politique au sens le plus noble du terme, en cette époque où prolifèrent les populismes, les obscurantismes et les tentations de repli sur soi. Elle se veut un outil accueillant, ouvert à tous et à toutes les générations, un lieu de rencontre et d’échanges, un lieu de VIE où l’on se sent bien.

C’est pourquoi, il est très important de donner l’accès au livre dès le plus jeune âge et, par ce biais, de susciter un désir de connaissances. Le livre doit continuer à jouer un rôle pluraliste dans la circulation des idées, dans le plaisir de l’imaginaire tout en favorisant le plaisir des savoirs.

Lire c’est se donner la possibilité de s’armer, c’est se protéger d’un monde tourmenté, sous tension.

Marguerite YOURCENAR faisait dire à son Hadrien : « Fonder des bibliothèques, c’était encore construire des greniers publics, amasser des réserves contre un hiver de l’esprit qu’à certains signes, malgré moi, je voyais venir ».

Plus que jamais cette phrase doit résonner à nos oreilles…

Aussi, tant que nos greniers ressembleront à notre bibliothèque Maurice CAREME, tant que la lecture sous toutes ses formes restera accessible à tous publics, nous disposerons du meilleur vecteur pour que l’hiver de l’esprit ne s’installe jamais.

Bienvenue à la Bibliothèque Maurice CAREME : lisez, pensez, critiquez, rêvez, mais surtout vivez…

Merci pour votre attention.

Françoise Pigeolet

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